
Je poursuis mon projet d’illustration sur le thème des dragons à la demande de mon écrivain en herbe. Je suis encore à l’étape de recherche de style. J’ai représenté un bébé dragonet sortant de son oeuf. Je lui ai donné l’aspect d’un foetus car j’imagine qu’il va se développer en grandissant, comme un oisillon. Il n’a pas encore d’ailes ni de véritables griffes, ce qui le rend très vulnérable.
Pour le dessin, j’ai travaillé sur le principe de la ligne claire tracée au stylo feutre à la manière des bandes dessinées vintage. Pas d’effet de relief ou de profondeur : j’ai volontairement opté pour un graphisme simplifié comme un motif de vitrail.

Ensuite j’ai représenté un vieux maître à l’anatomie hybride mi-humain mi-grenouille à cornes. L’histoire se déroule sur une autre planète, alors on peut penser que les personnages sont légèrement (ou très) différents des humains vivant sur Terra. Son copain est un vieux dragon débonnaire. Et puis j’aimerai qu’ils amusent autant les ados que les adultes. Pour les colorer j’ai employée la palette des tons acidulés dont j’ai parlé dans mon dernier article : bleu turquoise, jaune citron, vert pomme et fraise écrasée.
J’ai constaté qu’il y a un nombre incroyable d’artistes qui dessinent des dragons mais ils sont assez stéréotypés. Je voudrais me démarquer en développant un style différent tout en retournant aux sources des légendes, c’est à dire au Moyen-Age. J’aime particulièrement les enluminures de la période romane, à l’imaginaire farfelu, dont j’ai envie de m’approprier les codes :

Je retiens le trait de contour à l’encre noire, les motifs ornementaux, les surfaces plates. Il y a dans ces images un mélange farfelu des espèces complètement impossible que l’on peut considérer comme précurseur du Surréalisme. En effet le corps des dragons se termine en feuillage et celui des humain est complètement distordu pour rentrer dans la case qui lui est réservée. L’échelle des plans est complètement irréaliste et subjective : les personnages sont plus grands que les maisons et la perspective n’existe pas ou bien elle est isométrique. Du coup notre fan-fiction pourrait prendre l’allure d’un manuscrit médiéval et devenir une sorte de grimoire ou livre d’artiste(s).

Voici ma première esquisse de dragon feuillu à partir de la lettrine S. Comme précedemment mon dessin est réalisé sur papier au feutre Posca, puis scanné dans mon imprimante CANON et puis colorisé avec le logiciel gratuit PAINT.NET
Les grandes bibliothèques numérisent leurs manuscrits médiévaux (ainsi que leurs livres anciens) pour les publier gratuitement. Ce qui nous donne accès à une gigantesque banque d’images médiévales inconnues auparavant. Bien entendu ces images sont libres de droit, donc on peut se les approprier. Le Bestiaire d’Aberdeen, l’un des plus grands manuscrits enluminés médiévaux (datant de 1 200 environ), est mis en ligne par l’Université écossaise d’Aberdeen :
https://www.abdn.ac.uk/bestiary/
Ressources pédagogiques = https://www.openculture.com/
