
Tout le monde connait le célèbre roman de Lewis Carroll : Alice au Pays des Merveilles, qui n’est en réalité pas si merveilleux que ça. Et au départ cette histoire n’était pas vraiment destinée aux enfants. Comme de nombreux dessinateurs, j’ai voulu moi aussi l’illustrer, mais à ma façon, en la modernisant. Et puis il faut proposer autre chose que la version mièvre de Disney aussi écoeurante que l’invasion des burgers toxiques ! Mon projet est d’en faire des planches de Bandes Dessinées avec des vignettes éclatées.

Tombée dans le terrier du lapin, Alice a mangé un gâteau et a grandit, grandit, passant de l’enfance à l’adolescence. Et moi, avec mon agaçant sens critique, j’ai toujours pensé que si son corps s’est allongé, ses vêtements sont alors devenus trop petits et puis se sont déchirés. Et l’uniforme de soubrette victorienne est bien trop démodé, n’en déplaise aux fétichistes du tablier. Du coup la voilà avec une mini-jupe et un « crop-top » qui cache à peine ses seins naissants et révèle son nombril ! Ce qui ne déplairait pas à ce coquin de Lewis (soupçonné de pédophilie) qui serait affolé par la naïve impudeur des adolescentes d’aujourd’hui. D’ailleurs il avait photographié la vraie Alice Liddell (sa muse) presque dénudée et en haillons.

Mais ce n’est pas toujours rigolo d’être ado : on ne sais pas gérer ce nouveau corps encombrant. Et les jeunes filles se sentent souvent mal à l’aise et ne savent pas comment s’habiller. Et voilà pourquoi Alice pleura tant et si bien qu’une rivière de larmes en jaillit.

Dessins réalisés au feutre noir sur papier blanc.
Quand au lapin, il se déplace en trotinette : à suivre…
