Depuis les plus anciennes civilisations, les artistes ont imaginé des créatures hybrides en combinant des éléments d’espèces différentes. Dans l’Egypte des Pharaons comme dans l’Antiquité gréco-romaine,  il y avait déjà des personnages fabuleux mi-humains mi-animaux comme le sphinx, le centaure, le minotaure, la sirène et ainsi de suite.  Mais ma préférence va aux délires de l’iconographie médiévale, comme cette chimère dragonesque au corps de lion, tête de chèvre, ailes de chauve-souris avec une queue de serpent.

Les pages des manuscrits médiévaux comportent, outre le texte rehaussé d’une lettrine enluminée, et l’illustration de celui-ci, un encadrement décoré de motifs ornementaux où gambadent d’étranges bestioles. Les illustrateurs devaient bien s’amuser à dessiner ces créatures hybrides et burlesques. C’était un espace où ils s’exprimaient librement et sans tabous, osant toutes les bizarreries. Ce travail en marge de l’histoire principale et dans les marges, débordant de fantaisie débridée et appelé « marginalia ».

Le Moyen-Age a duré 1000 ans, soit 10 siècles, de l’an 475 à 1490 environ. Ces « grylles » ou figures grotesques et comiques apparaissent à la période gothique, à partir du 13ème siècle. L’origine de terme vient du grec ancien « gryllos » (chimère). Ces figures gravées en camées pouvaient servir d’amulettes de protection à la période romaine.

Souvent les pattes, les cous et les queues des animaux s’allongent démesurément. Des visages humains se trouvent là où l’on ne les attend pas.

Ces monstres diaboliques mordent et luttent sauvagement, ou bien ont un comportement étrangement humain.

Le maître absolu du genre est le grand peintre flamand Jérôme Bosch avec son extraordinaire triptyque « le Jardin des délices » daté de 1480 environ, dont les créatures fantastiques sont le sujet même de l’image. On peut recenser les blemmyes (homme sans tête au visage intégré à la poitrine), sciapodes (une seule jambe), trifrons (deux ou trois têtes humaines), cynocéphales, etc.

Cette façon de combiner et raccorder des éléments disparates me fait penser aux « cadavres exquis » surréalistes. Voir mon ancien article sur le sujet :

le-jeu-du-cadavre-exquis

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