Visite au Centquatre

D’habitude je vous parle des expos que j’ai aimé. Mais cette fois-ci je vais vous raconter une expo que je n’aime pas dans un lieu que j’aime bien !
Le lieu c’est le 104 à PARIS. Le bâtiment est magnifique, construit en 1873 en verre et brique sur structure de fonte, sous les directives du célèbre architecte Victor Baltard pour héberger les Pompes Funèbres. Désaffecté, il est devenu aujourd’hui un centre culturel très original. Tous les genres artistiques y cohabitent : théâtre, danse, musique, cinéma, vidéo, street art, cuisine, etc. avec des projets en « plateformes collaboratives » et la présence d’artistes en résidence toute l’année. A chaque fois que je monte à la capitale, je vais y faire un petit tour.

LE CENTQUATRE
site = http://www.104.fr/
adresse = 5 rue Curial 75019 Paris (métro Riquet)

J’y ai vu (entre autres choses) une installation nommée METAPHORIA 3 (concentré de métaphore et euphorie) qui ne m’a pas laissée euphorique et dont les métaphores me paraissent des plus absconses.

Étaient disposés au sol :
– des baguettes de pain noires « phare de la gastronomie française » / mais pas pour moi qui m’extasie plutôt sur la Chantilly ou les religieuses au chocolat ! Mais sachez que le chic du chic à Paris est le pain coloré en noir par l’encre de sèche ou le charbon.


– des voitures de poupée avec les cheveux de ladite poupée qui dépassent du pare-brise arrière / mais où qu’elle est la poupée ? me questionna ma petite fille de 4 ans…


– copies des statues du David de Donatello et d’Aphrodite tenant la pomme d’or du beau Paris (rien à voir avec Adam et Eve) peintes en rose dragée / plagiat des sculptures Pop Kitsch de Jeff Koons peut-être ?
Accrochés au mur des légumes essayant vainement de pourrir, censés être des « vanités » contemporaines / j’ai vu plus malin sur ce thème…
Au plafond des guenilles ou vieux bouts de couverture faisant office de « rideaux délimitant l’espace »…

J’allais oublier un paillasson tout neuf avec un message philosophique en anglais !

Tout ce bric-à-brac semblait provenir des poubelles qui explosent et se répandent sur tous les trottoirs des quartiers Nord de Paris, qui n’a rien à envier à Marseille du côté des ordures et autres encombrants. Quelques détritus jetés là en vrac et deviennent une installation artistique justifiée par un discours alambiqué. Et voilà encore une « oeuvre d’Art éphémère » grassement subventionnée par les deniers publics.

On a le droit de ne pas aimer ce genre de concept éculé et aussi celui de se sentir légèrement escroqué, compte tenu que ces prétendus artistes formatés par les Ecoles d’Art Officiel profitent d’un généreux financement avec la bénédiction du Ministère de la Culture…

Bien tristounet et déprimant, tout ça ! Le débat est ouvert, lâchez vos com.

Mais pour moi l’Art ce n’est pas exactement ça et je préfère rigoler que larmoyer !