Le YIN et YANG dans l’ART

Depuis l’antiquité, l’homme occidental a voulu fuir le vide et sa représentation. En effet, 600 ans avant JC, Thalès réfutait l’existence du vide et 400 ans avant J-C, Aristote soutenait la théorie que « La nature a peur du vide ». Dans notre tradition artistique occidentale, il convient de faire complètement disparaître le support sous la peinture. Pendant des siècles, les artistes réalisèrent des tableaux surchargés de motifs, pensant que Dieu ne pouvait pas avoir créé le vide. Ce style connu son apothéose pendant la période Baroque où le décor est foisonnant (17 et 18ème siècle). Mais ce principe perdura encore très longtemps. Ci-dessus La Liberté guidant le Peuple par Eugène Delacroix (1830).

En Asie, en Chine comme au Japon, la façon de voir le vide est totalement différente de celle de l’Occident car elle est basée sur le principe du Yin et du Yang.

Selon la pensée chinoise, les fondements de l’univers forment des couples d’entités : le Ciel avec la Terre, le Soleil avec la Lune, la Montagne avec l’Eau. Faisant partie intégrante de la philosophie asiatique, le symbole Yin Yang représente par conséquent la double nature des choses, comme le bien et le mal, le clair et l’obscur, le positif et le négatif.

C’est pourquoi la peinture chinoise donne son importance à l’espace en créant un équilibre entre le plein et le vide, et en laissant apparaître le support qui a autant d’importance que la matière picturale. Cette pureté appelle à la sérénité et à la méditation ZEN. La découverte de cette esthétique à la fin du 19ème siècle a bouleversé notre sens du BEAU et a influencé toute la création du 20ème siècle. C’est alors que les peintres commencèrent à épurer leurs œuvres en simplifiant les formes et en libérant l’espace, comme les NABIS avec Paul Sérusier, Maurice Denis et Paul Gauguin (Ecole de Pont-Aven : 1850/1890). Découvrant la sagesse orientale, ils voulaient se libérer du réalisme pour atteindre une certaine forme de spiritualité.

Scène de récolte par Sérusier

Dans la composition d’un tableau, les artistes contemporains tiennent compte autant du PLEIN que du VIDE, cherchant à équilibrer les deux. A la suite des peintres japonais on valorise autant le Positif que le Négatif : voir mon article sur la Peinture Négative.
Inutile donc de chercher à remplir la surface du tableau : il faut oser se lancer dans le vide pour laisser pousser ses ailes !

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